L’histoire du dossier de classement du massif corallien

de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'humanité

L’idée de classement émerge 

C’est en 1999, à la suite d’une rencontre des militants de l’association Corail Vivant avec des scientifiques Australiens de la Grande Barrière qu’est née l’idée d’un classement du massif corallien Calédonien. Dés Septembre 2000, le Sénat Coutumier s’est associé à la démarche et a demandé au gouvernement français, et plus précisément au Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE) de "procéder et promouvoir activement à l’inscription du massif corallien calédonien sur la liste du patrimoine mondial (UNESCO)" au nom du peuple Kanak.

Dans une lettre de réponse d’octobre 2000, Mr Chirac précise qu’il a bien pris note de cette demande de classement, mais " qu’il serait utile de disposer de précision techniques pour soutenir ce projet, qui doit par ailleurs faire l’objet d’un consensus localement ".

La réalisation d’un premier dossier 

Des échanges ont eu lieu avec l’UNESCO pour obtenir les détails techniques concernant le classement.  La machine était lancée. La France a alors procédé via son représentant à l’UNESCO à l’inscription du site sur la liste indicative de ses intentions de demande d’inscription. Cette liste constitue un préalable indispensable à l’inscription proprement dite.

Le MATE a alors, dans un premier temps, limité en cela, son action concrète concernant le dossier ; la réalisation du dossier a été prise en charge par l’association Corail Vivant à l’époque. Il a été corrigé puis validé en décembre-janvier 2001-2002 par le MATE qui s’est, à l’époque, assuré que les trois provinces, en tant qu’institutions chargées de la gestion de l’environnement, étaient d’accord sur le principe de classement au patrimoine mondial de l’humanité.

Le raté du premier dépôt et le " flou artistique " qui s’en suit 

La date butoir de dépôt des dossiers à L’UNESCO est le 1er février de chaque année. L’équipe du MATE du ministre Y.Cochet a déposé, au nom de la France, le 31 janvier 2002, un dossier proposant "le classement intégral du massif corallien et des écosystèmes associés de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l'humanité". L’UNESCO l’a enregistré, mais il a été demandé qu’il soit complété pour être recevable. Une note de l’UNESCO signalait alors qu’il manquait des photos, les modalités de gestion du bien, une délimitation précise de la zone à classer ainsi que la signature de l’état partie.

Seulement, en mai 2002 après le changement de gouvernement, le MATE devient MEDD (Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable), et le dossier se " perd " dans les méandres administratifs. Jamais la demande de complément ne parviendra en Calédonie par les voies officielles, le nouveau gouvernement souhaitant apparemment oublier cette affaire.

La réalisation d’un nouveau dossier complété pour 2003

C’est début novembre, voyant le temps passer sans que rien avance, que le Sénat coutumier, institution représentante du peuple kanak, prend en main le dossier et coordonne le travail de différents intervenants (les ONG Action Biosphère et Corail Vivant, Pascal Hébert pour le bureau d’étude marin Parallax’ et Jacques Boenkigh de l’Agence Kanak de Développement) pour réaliser et compléter le dossier dans le temps imparti. Dans le même temps, la province Nord et la province des Îles Loyauté participent activement à la partie les concernant et prévoient de déposer et signifier au MEDD leur volonté que le dossier aboutisse au mois de janvier 2003. La province Sud ne signifie pas officiellement sa volonté que le récif ne soit pas classé au patrimoine mondial, elle n’a jamais émis d’avis officiel à ce sujet, bien que Mr. Lafleur se soit régulièrement prononcé dans les journaux contre ce dossier au prétexte qu’il empêcherait le développement économique.

Trois Sénateurs sont envoyés (du 21 janvier au 1er février 2003) en mission avec une assistance technique et scientifique pour déposer le dossier complété auprès du MEDD, du ministère de l’Outre-Mer, de l’Elysée et de l’UNESCO.

Le " non dépôt " du nouveau dossier complété et la suite… 

Lors de la rencontre à l’Elysée avec le conseiller de Mr Chirac, Mr Château, celui-ci a expliqué que le délais était trop court pour un dépôt le 1er février 2003, et que pour un dossier aussi important, tenant beaucoup à cœur au président Chirac, il valait mieux se donner les moyens de réussir. Par conséquent, cette année 2003 verrait se mettre en place une réelle dynamique pour réaliser ce dossier.

Depuis ce non-dépôt, la "réelle dynamique" qu’annonçait Mr. Château n’a pas vu le jour, et les informations concernant le dossier sont toujours aussi floues. La province Sud s’est prononcée pour un classement du massif de XXX sur la cote oublié.

Une mission du MEDD est venue évaluer les potentiels de classements de la province Nord.

Le dossier a été déposé, officiellement en janvier 2007, par l’État français et les élus locaux de Nouvelle-Calédonie.

L’UNESCO a missionné l’IUCN, pour analyser le bien fondé de la demande.

Une réponse est attendue pour octobre 2007.